LILIANE GRATTON, UNE AUTEURE À PART ENTIÈRE

 

La sortie de son quatrième roman, Un pas, Un sentier, Une vie, confirme, si besoin était, que Liliane Gratton est devenue une auteure à part entière. Aujourd’hui, l’écrivain de Bourget a tout le temps qu’il faut pour se consacrer à l’écriture.

« Je ne pensais jamais me rendre là ! ». Avec simplicité et humilité, Liliane Gratton regarde avec amusement et étonnement le chemin parcouru depuis son premier ouvrage.

Qui aurait cru qu’elle sortirait, en 2010, un quatrième roman ? Certainement pas elle !

Non qu’elle n’ait pas eu, très jeune, le goût de l’écriture, mais plutôt, que sa plume a pris du temps pour mûrir et ses idées à germer sur le papier. Début octobre, elle était pourtant bel et bien présente à l’école Sacré-Cœur de Bourget pour lancer son dernier ouvrage Un pas, Un sentier, Une vie.

« J’ai commencé mon premier roman à 20 ans. À l’époque, j’étais une maman à la maison. J’ai écrit les sept-huit premiers chapitres, puis je suis retournée aux études, ai commencé à travailler et ai mis ce projet de côté », raconte-t-elle.

D’un mal peut sortir un bien. Il faudra un accident pour remettre Liliane sur les rails de la littérature. Immobilisée pendant six mois, elle reprend, 25 ans plus tard, son roman sur les Franco-Ontariens. « C’était un thème qui m’avait touché car on ne parlait pas assez de leur histoire, ni de la présence des francophones en Ontario ».

Après trois ans de labeur sortira finalement le premier fruit de son imagination : Si cet endroit pouvait parler, un livre mêlant l’histoire et le roman et qui connaîtra un réel succès avec plus de 4 000 exemplaires écoulés.

De quoi faire prendre conscience à Mme Gratton de son talent et surtout, conquérir un public attentif et fidèle. C’est sous la pression de ses lecteurs qu’elle se remettra à l’œuvre pour écrire la suite de sa première histoire. « Les gens s’étaient attachés aux personnages. Ils voulaient que je les fasse revivre… ».

Dans C’est ici que tout a commencé, elle poursuivra donc l’aventure qui s’étend de 1920 à 1970 à travers les deux ouvrages.

Des romans historiques

La piqûre est irréversible et Mme Gratton comprend alors qu’une nouvelle carrière s’ouvre à elle. Adjointe administrative à Ottawa et Windsor, puis enseignante au primaire à Clarence Creek et Wendover, le jour, elle laisse courir son imagination, pour s’adonner à l’écriture le soir.

« J’avais suivi quelques ateliers d’écriture durant mes cours d’enseignante, mais les idées viennent toujours de mes rencontres, de mes discussions avec les autres. Je ne me mets jamais de pression. Il me suffit d’écouter pour trouver une idée que je développe ensuite ».

Passionnée d’histoire, elle a pris goût à la recherche qu’implique l’écriture de chacun de ses ouvrages. Dans le long cheminement de la rédaction, elle fouille, consulte et lit beaucoup pour documenter ses propos.

« Il y a toujours une saveur historique dans mes livres. Pour cela, je fais des recherches et interviewe des personnes âgées autour de moi », dit-elle. C’est encore de l’une de ses discussions que jaillira l’inspiration de son troisième ouvrage qui évoque l’influence des francophones dans le développement de l’Ouest canadien, dans Ton bonheur était ailleurs, paru en 2008.

Même si le manque de promotion lui a valu un moins grand succès que les deux précédents romans avec quelques 1 000 copies écoulées, ce troisième livre continue à se vendre et les lecteurs à suivre la route des personnages de Mme Gratton.

« J’y insère également toujours des intrigues, car les lecteurs aiment bien ça et que ça capte leur attention », précise-t-elle.

Avec les années, Mme Gratton a pris de l’expérience. Depuis l’hiver dernier, elle a cessé de faire de la suppléance dans les écoles, ce qui lui laisse plus de temps pour rédiger. Toutefois, à l’aube du lancement de sa dernière création, elle ne songe pas encore à un cinquième livre.

L’heure est à la rencontre avec le public et à la présentation de son dernier-né qui retrace le parcours des pionniers de l’Est de l’Ontario au début du 19e siècle, à travers le personnage fictif d’Éloï, parti du Québec s’établir dans la province limitrophe, le long de la rivière Petite-Nation.

Née à Bourget, Mme Gratton trouve ainsi le moyen d’éduquer les voisins Québécois qui « ignorent trop souvent la forte présence des francophones dans cette région ». Fidèle à ses habitudes, l’auteure a choisi une artiste peintre de la région, Hélène Charbonneau, pour illustrer la page couverture.

Article publié dans l’édition du mardi 2 novembre 2010 du journal hebdomadaire ontarion Le Reflet.

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