AU NOM DU FRÈRE

Dans la famille Gudbranson, le hockey est une passion quasi génétique. Pendant que l’aîné découvre la Ligue nationale de hockey (LNH) avec les Panthers de Floride depuis novembre, ses deux cadets font leurs armes dans les ligues inférieures. À Louis Riel, Dennis s’entraîne dur pour suivre les traces d’Erik.

Ses armes de prédilection : le maniement du bâton et le coup de patin. Comme ses frères et sa sœur, Dennis possède cette manière si particulière de bouger sur la glace. Mais contrairement à eux, le plus jeune des trois garçons de la famille Gudbranson ne joue par arrière. Il joue au centre et confie vouloir participer au jeu et marquer des buts.

Classé 4e en saison régulière avec son équipe des Blackburn Wild, au sein de la Ligue de hockey Ottawa B, dans la catégorie Bantam, Dennis ne fait pas de mystère sur ses intentions. Plus tard, il souhaite lui aussi en découdre dans la LNH.

« Je suis vraiment très heureux pour Erik. Il a travaillé si fort. C’est bizarre parce que je le vois toujours comme mon frère, mais aujourd’hui il joue dans les plus grandes arénas, est dans les magazines de hockey professionnel, passe à la télé… Il a travaillé toute sa vie pour y parvenir et son travail est récompensé. Ça me montre la voie à suivre ».

Dennis joue au hockey depuis qu’il a 4 ans. Alors que son autre frère, Alex, 16 ans, a intégré l’équipe des Frontenacs de Kingston, lui travaille sans relâche au sein du Programme Sports-Études de l’école secondaire publique Louis Riel.

« J’adore jouer au hockey et ne me lasse jamais de m’entraîner. Erik m’a dit que pour réussir, il faut beaucoup travailler et faire des sacrifices. Alors je me concentre sur cet objectif ».

Ne jamais lâcher

Sur la glace aussi, Dennis ne lâche jamais. Le numéro 12 des Blackburn Wild se démène sans compter pour compenser un plus petit gabarit.

« Je sais que je dois travailler mon physique si je veux un jour devenir professionnel. Il faut que je grandisse et prenne du muscle pour être plus rapide et plus puissant ».

Pour l’instant, son envie, sa vision et son sens du jeu lui permettent de dérouter l’adversaire.

Du haut de ses 14 printemps, le jeune homme est un exemple d’abnégation et de volonté. Son parcours hors du commun en fait un modèle pour les victimes du cancer.

Par deux fois, il a lutté contre une leucémie, subissant une chimiothérapie, des transfusions de sang puis, une greffe de moelle osseuse. Sa ténacité a payé et en août prochain, il fêtera le septième anniversaire de la fin de sa maladie.

« Je me souviens que quand j’étais malade, je voulais juste jouer au hockey. Aujourd’hui, je suis heureux de pouvoir le faire. Je me sens beaucoup mieux. Progressivement, je reprends mes forces et regagne mon retard sur mes camarades. Je pense que cela veut dire qu’il faut toujours se battre et garder espoir ».

Partisan du Canadien de Montréal, mais aussi, bien sûr, des Panthers de son frère, Dennis cite Saku Koivu comme modèle.

« Il a lui aussi souffert d’un cancer et il a réussi à revenir sur la glace et à rejouer en professionnel ».

Également attiré par la cuisine et par la musique – il joue de la basse -, Dennis a plusieurs cordes à son arc. Sa volonté devrait lui permettre de choisir sa voie.

Article publié dans l’édition du jeudi 19 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.

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