Deux jours après avoir lancé son premier album de sept chansons, “mille morceaux” le groupe est-ontarien Mastik était sur la scène de Contact Ontarois.
Difficile de définir toutes les saveurs qui se dégagent de la musique de Mastik. Volontairement, le groupe de l’est ontarien cultive l’art du contre-pied, emmenant son auditeur dans une direction reggae, avant de le secouer par des rythmes rock propres à le faire sautiller.
Une chose est sûre, les « mille morceaux » qui constituent ce jeune groupe déconcertent autant qu’ils séduisent. Sur la scène du Théâtre Richcraft du Centre des Arts Shenkman, le public ne s’y est pas trompé qui a chaleureusement applaudi le quatuor. Le deuxième passage du groupe à Contact Ontarois, après celui de 2010, aura sans doute attiré l’attention des diffuseurs.
« On avait une revanche à prendre, lance sans détour le chanteur-guitariste, Christopher Coshall. Il y a deux ans, notre spectacle avait été honteux ! ».
Cette fois, à leur sortie de scène, les quatre artistes affichaient un large sourire.
« Je pense que c’est notre meilleur concert !, sourit le batteur, Simon Poirier Lachance. On voulait vraiment se racheter ».
Avec son « reggae-rock alterno-progressif antiprémâché », comme il le définit lui-même, le groupe a prouvé en de multiples occasions son potentiel. Demi-finaliste au Festival international de la chanson de Granby, il a peaufiné son approche de la scène, notamment lors de quatre concerts au Festival de Mexico.
« On aime l’énergie qui se dégage sur scène, mais aussi l’enregistrement en studio. Aujourd’hui, on veut tourner, faire des dates et présenter notre album le plus possible », explique Simon.
Critique sociale
La construction de ce premier maxi CD a pris du temps pour le groupe fondé en 2008 par Simon et Christopher. Aujourd’hui enrichi de Josée-Anne Cousineau et Martin Charbonneau, il a peut-être trouvé la formule qui le fera grandir et évoluer, profitant des influences musicales de chacun.
De l’aveu de ces deux fondateurs, Mastik a pourtant simplifié son approche, comme il a écourté son nom.
« Les gens qui nous écoutaient nous appelaient déjà Mastik. Et je pense que ce n’est pas très facile pour les Anglophones ou les Hispaniques de prononcer Mastikédigère. Le nouveau nom est plus exportable ».
Prêt à « se vendre » au public, Mastik ne souhaite pas pour autant déroger de sa démarche « antiprémâchée ». Patient, le groupe n’a pas voulu bâcler le travail et sortir un album dont il n’aurait pas été complètement satisfait. Ne laissant rien au hasard, il a fait appel au talent de l’artiste Amy Alice Thompson pour réaliser la magnifique pochette de son CD.
Dans ces textes, la critique sociale n’est jamais loin, mais une lueur d’espoir demeure, presque indicible.
« Les grands enjeux contemporains, c’est ce qui m’allume le plus », concède Christopher, qui compose les textes.
« C’est notre façon de tenter de changer les choses, à notre échelle. Ça nous tient à cœur et inspire des discussions passionnées », ajoute Simon.
Désormais totalement concentrés sur l’avenir du groupe, les quatre jeunes musiciens espèrent pouvoir partager leurs idées et leur musique avec le public.
Récipiendaires du Prix Festival international de la chanson de Granby et du Prix Festival de l’Outaouais Émergent lors de Contact Ontarois, ils se produiront sur les planches de ces deux festivals en septembre prochain.
Article publié dans l’édition du jeudi 19 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.