Après le triomphe de « Riverdance » et « Lord of the Dance », un nouveau spectacle de danse irlandaise brille sur la scène mondiale. Et après avoir conquis le théâtre Mogador à Paris, « Magic of the Dance » arrive à Toulon, mercredi 9 octobre.
Avec dans ses rangs le double champion du monde de danse irlandaise, Michael Donnellan et son record de 40 pas à la seconde, la troupe possède tous les ingrédients pour faire vibrer le Zénith. D’autant que derrière les performances hors normes des danseurs, il y a aussi et surtout une histoire d’amour sur fond de famine, celle qui frappa si durement l’Irlande au XIXème siècle et obligea beaucoup d’Irlandais à l’exil. Rencontre avec Bob Bales, directeur artistique.
Pourquoi avoir choisi cette période si douloureuse de l’histoire de l’Irlande comme thème de votre nouveau spectacle ?
Bob Bales (directeur artistique) : « Nous avons choisi cette période car c’est un élément très délicat de l’histoire de l’Irlande. Tout est prohibé par Cromwell. Pourtant, les gens continuaient à faire vivre leur culture traditionnelle, chez eux, en cachette, de père en fils. Les protagonistes témoignent de la manière de vivre à cette époque. Dans l’histoire de l’Irlande, les claquettes sont une forme d’art et la marque d’un esprit de survie, pour rester digne de son histoire et de sa culture. C’est pourquoi nous avons choisi majoritairement de faire un spectacle de claquettes traditionnelles irlandaises, en y ajoutant, mais très peu, des éléments modernes et des claquettes américaines. »
Vous avez fait le choix de monter un spectacle plus intime, éloigné des dernières productions de danse irlandaise, n’est-ce pas pourtant ce qui en fait le succès ?
Bob Bales : « Il y a trois ans, nous avons choisi de commencer le spectacle avec une troupe d’une dizaine de danseurs seulement, dont l’irremplaçable de Michael Donnellan, dans le rôle du diable et de la famine. Nous sommes devenus une grande famille, très hétéroclite, avec des danseurs de plusieurs nationalités : polonaise, française, allemande, américaine et bien sûr… irlandaise.
Comparativement, il est vrai que Lord of the dance compte plus d’une soixantaine d’artistes. Mais nous préférions faire ce choix d’un spectacle différent où, étant moins nombreux sur scène, nous pouvons être plus proches du public. Idéalement, et même si nous sommes flexibles, nous préférons d’ailleurs jouer devant 600 à 3000 personnes maximum pour pouvoir communier avec les spectateurs. C’est la configuration idéale pour donner la pleine mesure à Magic of the dance. »
Mise à part cette notion, qu’est-ce qui différencie justement votre spectacle des productions à gros succès qui l’ont précédé ?
Bob Bales : « Nous nous sommes intéressés à des danses beaucoup plus traditionnelles, tout en ajoutant quelques touches de modernité pour capter un plus grand public. Riverdance s’intéressait davantage à la culture celtique ; Lord of the dance avait un côté plus hollywoodien. Même si en tant que spectateur, je peux apprécier ce choix, en tant que réalisateur, je préfère « faire à l’européenne ». Et puis, malgré leur succès, il n’était pas question de faire la même chose. Nous nous sommes vraiment attachés à rester le plus proche possible de la tradition. Et d’ailleurs, à la fin de notre spectacle, beaucoup de personnes dans le public nous confient que ce qu’elles ont vu était assez proche de ce qu’elles connaissaient de l’Irlande. »
Propos recueilllis pour l’édition varoise du journal, La Marseillaise et publiés le 27 septembre.
Publié par benjaminvachet