LES MILLE MORCEAUX DE MASTIK

19 janvier 2012

Deux jours après avoir lancé son premier album de sept chansons, “mille morceaux” le groupe est-ontarien Mastik était sur la scène de Contact Ontarois.

Difficile de définir toutes les saveurs qui se dégagent de la musique de Mastik. Volontairement, le groupe de l’est ontarien cultive l’art du contre-pied, emmenant son auditeur dans une direction reggae, avant de le secouer par des rythmes rock propres à le faire sautiller.

Une chose est sûre, les « mille morceaux » qui constituent ce jeune groupe déconcertent autant qu’ils séduisent. Sur la scène du Théâtre Richcraft du Centre des Arts Shenkman, le public ne s’y est pas trompé qui a chaleureusement applaudi le quatuor. Le deuxième passage du groupe à Contact Ontarois, après celui de 2010, aura sans doute attiré l’attention des diffuseurs.

« On avait une revanche à prendre, lance sans détour le chanteur-guitariste, Christopher Coshall. Il y a deux ans, notre spectacle avait été honteux ! ».

Cette fois, à leur sortie de scène, les quatre artistes affichaient un large sourire.

« Je pense que c’est notre meilleur concert !, sourit le batteur, Simon Poirier Lachance. On voulait vraiment se racheter ».

Avec son « reggae-rock alterno-progressif antiprémâché », comme il le définit lui-même, le groupe a prouvé en de multiples occasions son potentiel. Demi-finaliste au Festival international de la chanson de Granby, il a peaufiné son approche de la scène, notamment lors de quatre concerts au Festival de Mexico.

« On aime l’énergie qui se dégage sur scène, mais aussi l’enregistrement en studio. Aujourd’hui, on veut tourner, faire des dates et présenter notre album le plus possible », explique Simon.

Critique sociale

La construction de ce premier maxi CD a pris du temps pour le groupe fondé en 2008 par Simon et Christopher. Aujourd’hui enrichi de Josée-Anne Cousineau et Martin Charbonneau, il a peut-être trouvé la formule qui le fera grandir et évoluer, profitant des influences musicales de chacun. 

De l’aveu de ces deux fondateurs, Mastik a pourtant simplifié son approche, comme il a écourté son nom.

« Les gens qui nous écoutaient nous appelaient déjà Mastik. Et je pense que ce n’est pas très facile pour les Anglophones ou les Hispaniques de prononcer Mastikédigère. Le nouveau nom est plus exportable ».

Prêt à « se vendre » au public, Mastik ne souhaite pas pour autant déroger de sa démarche « antiprémâchée ». Patient, le groupe n’a pas voulu bâcler le travail et sortir un album dont il n’aurait pas été complètement satisfait. Ne laissant rien au hasard, il a fait appel au talent de l’artiste Amy Alice Thompson pour réaliser la magnifique pochette de son CD.

Dans ces textes, la critique sociale n’est jamais loin, mais une lueur d’espoir demeure, presque indicible.

« Les grands enjeux contemporains, c’est ce qui m’allume le plus », concède Christopher, qui compose les textes.

« C’est notre façon de tenter de changer les choses, à notre échelle. Ça nous tient à cœur et inspire des discussions passionnées », ajoute Simon.

Désormais totalement concentrés sur l’avenir du groupe, les quatre jeunes musiciens espèrent pouvoir partager leurs idées et leur musique avec le public.

Récipiendaires du Prix Festival international de la chanson de Granby et du Prix Festival de l’Outaouais Émergent lors de Contact Ontarois, ils se produiront sur les planches de ces deux festivals en septembre prochain.

Article publié dans l’édition du jeudi 19 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.


LE RETOUR AUX SOURCES DE PASCAL BESSETTE

19 janvier 2012

Sept ans après son premier voyage en Tanzanie, Pascal Bessette retrouvera les étendues de la Tanzanie et défiera de nouveau le Kilimandjaro. Une ascension difficile, se souvient-il

« Nous avions l’habitude de voyager une fois par année avec mon épouse. En 2008, nous sommes allés en Afrique du sud pour faire un trek dans les Monts du Drakensberg, alors qu’elle était enceinte. Ça va être un retour aux sources de participer à cette aventure ».

Le Directeur exécutif des ressources humaines et développement organisationnel de La Cité collégiale, Pascal Bessette, est une sorte de guide au milieu du groupe qui prépare l’ascension du Kilimandjaro.

En 2005, il s’est déjà attaqué au toit de l’Afrique. Marathonien à l’endurance avérée, il sait pourtant que la partie ne sera pas facile.

« Je fais trois marathons par an et m’entraîne régulièrement. Pourtant, j’ai eu toutes les misères du monde à faire le Kilimandjaro. Sur notre chemin, nous avions rencontré des Russes qui fumaient et buvaient de la vodka tous les soirs. Ils sont arrivés deux heures avant moi au sommet ! ».

La condition physique n’est pas tout, prévient M. Bessette. L’altitude représente un défi, une fois franchis les 4 000 mètres.

« Un jeune hockeyeur de 20 ans a dû s’arrêter avant la fin. Tu ne peux jamais savoir comment ton corps va réagir avant de l’avoir essayé. Le trek n’est pas difficile en soi, mais c’est l’altitude qui fait la difficulté ».

Une bonne cause

Malgré tout, M. Bessette n’a pas été long à convaincre quand Luc Lapensée l’a approché.

« Il savait que je l’avais déjà fait et voulait donc profiter de mon expérience. Quand il m’a dit qu’on ne prendrait pas le même chemin que celui que j’avais déjà fait, ça m’a convaincu d’y retourner. La Tanzanie est un paradis, les gens sont accueillants et très chaleureux. C’est dur de décrire le Kilimandjaro, il faut l’avoir vécu pour comprendre. C’est une expérience de vie. On rencontre des gens des quatre coins du Monde, on tisse des liens, on discute… ». 

Alors qu’il a déjà presque atteint son objectif de récolter 5 000 $, M. Bessette avoue que c’est également la cause du projet qui l’a décidé.

« Ça fait 8 ans que je travaille à La Cité collégiale. Je vois les étudiants graduer, mais aussi avoir du mal à joindre les deux bouts parfois. La mission de la fondation est excellente. Récolter des fons pour l’Institut 911 permettra d’avoir des équipements à la fine pointe de la technologie et d’offrir à nos étudiants un meilleur enseignement ».

Lors des derniers entraînements dans le parc de la Gatineau, M. Bessette a senti la frénésie du départ envahir le groupe. Pour lui, la piqûre de la marche ne fait que ressurgir, mais le défi reste le même.

Les personnes qui souhaitent soutenir le projet Kilimandjaro de la Fondation de La Cité collégiale peuvent faire un don sur le site Internet www.endirectdukili2012.com ou au 613-742-2483 poste 2424.

Article publié dans l’édition du jeudi 19 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.


LA DIVERSIFICATION ÉCONOMIQUE COMME SOLUTION ?

19 janvier 2012

Alors que les élus de Clarence-Rockland ont exprimé leur inquiétude face au futur déménagement des bureaux du Ministère de la Défense nationale dans le secteur Kanata par la voie d’une résolution, les conseillers de Cumberland et Orléans réfléchissent aux moyens d’éviter l’exode annoncé.

Stephen Blais et Bob Monette se montrent tout aussi inquiets face au déménagement annoncé, vers 2018, de près de 10 000 employés fédéraux vers les anciens locaux de l’entreprise Nortel.

« La décision est presque effective, on ne la changera pas, pense le conseiller Blais. Ce qu’il nous faut désormais, c’est développer un plan stratégique pour le développement économique de nos communautés. Je travaille actuellement là-dessus avecla Villed’Ottawa et la chambre de commerce. Si nous voulons garder nos résidents, nous devons leur proposer des emplois de bonne qualité, dans le secteur public et privé. Nous devons attirer des investisseurs. Notre salut passe par là et il ne faut pas attendre que le gouvernement règle nos problèmes. On doit agir ! ».

Son homologue d’Orléans, Bob Monette, partage cette analyse, tout en invitant chaque pallier à participer à la réflexion.

« Nous devons convaincre les gens de rester. La qualité de vie d’Orléans est un atout, mais il faut développer l’activité économique. Il est donc important de garder des terrains disponibles pour le secteur commercial et industriel. Les deux paliers de gouvernement doivent se joindre à la table pour nous aider à créer des emplois de qualité. Le provincial est peu présent dans notre secteur actuellement, il doit s’investir davantage. Tous les élus de l’est d’Ottawa doivent travailler ensemble pour trouver des solutions ».

Les députés se renvoient la balle

Mais pour le député fédéral d’Ottawa-Orléans, Royal Galipeau, c’est avant tout à la Ville d’Ottawa et aux conseillers de faire leur travail.

« Je sais ce que la Ville veut, elle veut que l’on déménage des ministères fédéraux dans l’est. Mais cela ne va créer aucune activité économique, si ce n’est pour les déménageurs et les promoteurs immobiliers. Les conseillers doivent prendre leurs responsabilités, notamment en matière de zonage en gardant les terrains désignés. La Ville d’Ottawa a son service de développement économique, elle doit faire sa job et ne pas abdiquer ses responsabilités ! Je suis prêt à travailler avec les élus, mais je n’endosserai que des projets rentables pour les contribuables, comme celui du Ministère de la Défense nationale, sur des terrains qui nous appartiennent, à l’intersection des chemins Blair et Ogilvie et qui devrait générer près de 4000 emplois ».

Le député provincial d’Ottawa-Orléans, Phil McNeely se montre assez pessimiste quant aux possibilités d’attirer des emplois de qualité dans le secteur.

« Nous sommes dans une situation économique difficile. Ce ne sera donc pas simple d’attirer des emplois stables et payants. Le gouvernement fédéral a pris une décision qu’il doit assumer en compensant la communauté. Il doit financer le développement du train léger jusqu’au chemin Trim pour que les résidents puissent se déplacer facilement jusqu’à leur lieu de travail. Il doit aussi voter un moratoire, le temps de mesurer les impacts sur Orléans, notamment en termes de pertes d’emplois. Kanata a actuellement un ratio de 1, 65 emplois par foyer, contrairement à 0, 5 emploi par foyer à Orléans. Avec les compressions budgétaires qui s’annoncent dans les services publics fédéraux, nous risquons d’être doublement touchés ».

Article publié dans l’édition du jeudi 19 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.


L’AFO CHERCHE LA STABILITÉ

19 janvier 2012

Entré en poste depuis le 9 janvier dernier, le nouveau directeur général de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Peter Hominuk sait que ses défis sont immenses. Mais il compte bien se servir de son expérience pour faire avancer l’AFO.

Septième directeur général de l’AFO depuis sa création en 2006, Peter Hominuk aura la lourde tâche de faire oublier les graves problèmes de ressources humaines qui ont secoués l’organisme francophone ces dernières années.

« Le chiffre 7 est supposé être chanceux, sourit-il, évacuant la pression. Et je crois qu’aujourd’hui, le contexte est différent ».

Le natif de Welland s’est construit une solide expérience en occupant pendant les onze dernières années, le poste de directeur général de La Clé d’la Baie en Huronie, dans le comté de Simcoe.

L’organisme parapluie qui regroupe une radio communautaire, un centre culturel, une Assemblée Canadienne-Français de l’Ontario régionale et un organisme voué au développement de services de santé et de services sociaux a grandi sous sa direction, passant d’une petite dizaine d’employés à un groupe de soixante personnes.

« À l’échelle locale, j’ai souvent fait face aux problématiques provinciales. La structure de la population a changé et il y a beaucoup de nouveaux arrivants francophones, issus d’autres pays, en Ontario. Ce sont souvent ceux-là même qui demandent des services en français ».

Une autre perspective

Homme de communication, M. Hominuk a également travaillé comme agent de planification stratégique et des relations communautaires à TFO-TVONTARIO et comme directeur général à Direction jeunesse.

Désormais, la page des conflits à l’AFO tournée, une nouvelle s’ouvre sur un objectif ambitieux, le Plan stratégique communautaire de l’Ontario français 2011-2016.

Choisi hors de l’est d’Ottawa, M. Hominuk apportera sa connaissance régionale pour faire connaître le projet.

« Les membres veulent se tenir informer de ce que fait l’AFO », assure-t-il.

Le plan devrait permettre de développer un langage commun à tous les membres et de construire un espace francophone.

« On a l’impression que chacun travaille un peu de son côté, sans savoir ce qui se fait ailleurs. Le plan vise à corriger ça », juge le président de l’AFO, Denis Vaillancourt.

Des conversations communautaires ont débuté en 2011, qui se poursuivront cette année.

« Nous devons agrandir l’espace francophone et former la relève. On doit travailler avec tous les partis politiques pour ça et aussi avec les Anglophones car certains sont des grands sympathisants à la cause francophone », explique M. Hominuk.

Depuis son entrée en fonction le 9 janvier dernier, le nouveau directeur général multiplie les rendez-vous. La semaine prochaine, il se rendra à Toronto et prendra progressivement connaissance des dossiers.

Alors que M. Hominuk dit s’inscrire dans la durée, le président Vaillancourt explique ce qui a convaincu l’AFO de le choisir comme nouveau directeur général.

« Il va nous apporter son expérience et une nouvelle perspective. Ici, les gens ne se sentent pas trop menacés, mais hors de l’est ontarien, les communautés sont dispersées et doivent faire de grands efforts pour avoir les services en français ».

Article publié dans l’édition du jeudi 19 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.


AU NOM DU FRÈRE

19 janvier 2012

Dans la famille Gudbranson, le hockey est une passion quasi génétique. Pendant que l’aîné découvre la Ligue nationale de hockey (LNH) avec les Panthers de Floride depuis novembre, ses deux cadets font leurs armes dans les ligues inférieures. À Louis Riel, Dennis s’entraîne dur pour suivre les traces d’Erik.

Ses armes de prédilection : le maniement du bâton et le coup de patin. Comme ses frères et sa sœur, Dennis possède cette manière si particulière de bouger sur la glace. Mais contrairement à eux, le plus jeune des trois garçons de la famille Gudbranson ne joue par arrière. Il joue au centre et confie vouloir participer au jeu et marquer des buts.

Classé 4e en saison régulière avec son équipe des Blackburn Wild, au sein de la Ligue de hockey Ottawa B, dans la catégorie Bantam, Dennis ne fait pas de mystère sur ses intentions. Plus tard, il souhaite lui aussi en découdre dans la LNH.

« Je suis vraiment très heureux pour Erik. Il a travaillé si fort. C’est bizarre parce que je le vois toujours comme mon frère, mais aujourd’hui il joue dans les plus grandes arénas, est dans les magazines de hockey professionnel, passe à la télé… Il a travaillé toute sa vie pour y parvenir et son travail est récompensé. Ça me montre la voie à suivre ».

Dennis joue au hockey depuis qu’il a 4 ans. Alors que son autre frère, Alex, 16 ans, a intégré l’équipe des Frontenacs de Kingston, lui travaille sans relâche au sein du Programme Sports-Études de l’école secondaire publique Louis Riel.

« J’adore jouer au hockey et ne me lasse jamais de m’entraîner. Erik m’a dit que pour réussir, il faut beaucoup travailler et faire des sacrifices. Alors je me concentre sur cet objectif ».

Ne jamais lâcher

Sur la glace aussi, Dennis ne lâche jamais. Le numéro 12 des Blackburn Wild se démène sans compter pour compenser un plus petit gabarit.

« Je sais que je dois travailler mon physique si je veux un jour devenir professionnel. Il faut que je grandisse et prenne du muscle pour être plus rapide et plus puissant ».

Pour l’instant, son envie, sa vision et son sens du jeu lui permettent de dérouter l’adversaire.

Du haut de ses 14 printemps, le jeune homme est un exemple d’abnégation et de volonté. Son parcours hors du commun en fait un modèle pour les victimes du cancer.

Par deux fois, il a lutté contre une leucémie, subissant une chimiothérapie, des transfusions de sang puis, une greffe de moelle osseuse. Sa ténacité a payé et en août prochain, il fêtera le septième anniversaire de la fin de sa maladie.

« Je me souviens que quand j’étais malade, je voulais juste jouer au hockey. Aujourd’hui, je suis heureux de pouvoir le faire. Je me sens beaucoup mieux. Progressivement, je reprends mes forces et regagne mon retard sur mes camarades. Je pense que cela veut dire qu’il faut toujours se battre et garder espoir ».

Partisan du Canadien de Montréal, mais aussi, bien sûr, des Panthers de son frère, Dennis cite Saku Koivu comme modèle.

« Il a lui aussi souffert d’un cancer et il a réussi à revenir sur la glace et à rejouer en professionnel ».

Également attiré par la cuisine et par la musique – il joue de la basse -, Dennis a plusieurs cordes à son arc. Sa volonté devrait lui permettre de choisir sa voie.

Article publié dans l’édition du jeudi 19 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.


LES ORGANISMES RÉCLAMENT LE BILINGUISME

19 janvier 2012

La Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) et l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) ont fait part de leur inquiétude quant à l’éventuelle nomination d’un unilingue anglophone à la présidence du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

La présidente de la FCCF Marie-Claude Doucet a réagi dans un communiqué adressé aux médias.

« Dans les prochains mois et au cours des prochaines années, le CRTC examinera des dossiers critiques qui auront certainement des impacts sur les intervenants dans le secteur des arts et de la culture et sur l’ensemble des communautés franco-canadiennes. Je pense, entre autres, aux audiences sur le Fonds pour l’amélioration de la programmation locale (FAPL) qui pourrait avoir des impacts directs sur les producteurs et les réalisateurs francophones au pays, mais aussi sur l’ensemble des artistes franco-canadiens. Le CRTC se penchera également sur le renouvellement des licences de Radio-Canada et aussi sur beaucoup d’autres enjeux qui pourraient avoir des répercussions sur la vie culturelle des Francophones partout au pays. Le président du CRTC doit saisir les réalités et les défis spécifiques des communautés francophones en milieu minoritaire. » 

L’actuel président du CRTC, Konrad Von Finckenstein doit quitter ses fonctions le 24 janvier. Son successeur devrait bientôt être désigné et la polémique a débuté lorsqu’il a été découvert que sur la description du poste, notamment affichée sur le site Web de la CRTC, est inscrit : « La maîtrise des deux langues officielles serait préférable ». Devant les réactions suscitées par cette annonce, le bureau du ministre du Patrimoine canadien, James Moore, n’a pas tardé à réagir, en réitérant l’importance du bilinguisme pour ce poste.

L’AFO réagit aussi

Le président de l’AFO, Denis Vaillancourt, s’est montré inquiet, alors que les polémiques se multiplient sur des nominations unilingues, comme pour le poste de vérificateur général ou celui d’un juge à la Cour suprême.

« Il y a des postes clés où le bilinguisme est essentiel. Il est important de respecter la dualité linguistique du Canada. Le premier ministre l’a dit et il faut aujourd’hui que ses gestes le prouvent, car c’est un fondement de notre pays. C’est ce qui nous distingue des États-Unis. Les institutions gouvernementales doivent envoyer de bons signaux aux minorités francophones Quand on nous explique que les personnes ont été choisies faute d’un bassin de candidats bilingues suffisant, cela ne prouve qu’une chose : les efforts n’ont pas été fournis pour développer des programmes adéquates afin de promouvoir et de favoriser le bilinguisme ».

Article publié dans l’édition du jeudi 19 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.


UNE MAISON TYPIQUEMENT CANADIENNE-FRANÇAISE

19 janvier 2012

« Trop souvent, on identifie le patrimoine bâti comme étant les belles églises historiques ou encore, les grandes maisons bourgeoises en pierres et en briques. Jusqu’à tout récemment encore, les efforts se concentraient sur la préservation du patrimoine de l’élite ; le patrimoine architectural de la classe ouvrière et des gens plus modestes était délaissé », remarque l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa, Michel Prévost.

Entre les pics des démolisseurs

Heureusement, il en reste une trace et, non des moindres, au 138, rue Saint-Patrick, à deux pas de la basilique-cathédrale Notre-Dame.

Au cœur de la Basse-Ville d’Ottawa, la maison Flavien-Rochon est une demeure typiquement canadienne-française, telle qu’il s’en construisait au XIXe siècle. Par miracle, elle a échappé aux pics des démolisseurs.

Construite en 1832, elle s’avère être l’une des plus vieilles maisons d’Ottawa et reflète parfaitement les habitations des premiers Francophones de Bytown.

Bâtie à ras le sol, selon la technique simple de l’époque, soit pièce sur pièce, la partie principale du bâtiment est encore soutenue aujourd’hui par les poutres de bois de cèdre non dépouillés de leurs écorces, caractéristiques de l’époque.

« C’est assez exceptionnel pour une maison vieille de 180 ans ! », constate l’archiviste en chef de l’Université d’Ottawa.

Flavien-Rochon

De 1855 à 1897, cette petite maison appartient à Flavien Rochon.

Ce dernier s’identifie comme étant menuisier, mais l’historien de la basilique-cathédrale Notre-Dame, Norman Pagé, indique qu’il mériterait davantage le titre d’ébéniste ou d’ornementaliste, voir même de sculpteur.

« Le prêtre Georges Bouillon qui a réalisé les plans intérieurs de Notre-Dame aimait particulièrement le travail de Rochon. Il lui avait commandé plusieurs travaux entre 1878 et 1885. On doit à Flavien Rochon la console de l’orgue, notamment, ainsi que les beaux bancs du sanctuaire et quelques statues dans la cathédrale », précise M. Prévost.

Le fils de Flavien Rochon, Alphonse, suivra les traces de son père, travaillant lui aussi comme ébéniste dans la plus vieille église d’Ottawa.

La maison Flavien-Rochon de nos jours

Si la maison Flavien-Rochon échappe aux démolisseurs, la Commission de la capitale nationale (CCN) n’y est peut-être pas étrangère.

La CCN acquiert l’édifice en 1965 et le restaure avec soin. La maison Flavien-Rochon sert encore de résidence, aujourd’hui. Toutefois, contrairement à ce qui a pu être écrit sur le sujet, elle n’a jamais abrité les Sœurs de la Charité.

Protégée pour les générations à venir en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario, la petite maison blanche continue de défier le temps en plein cœur de la Basse-Ville d’Ottawa.

M. Prévost rappelle qu’il offre des visites guidées sur le patrimoine francophone de la Basse-Ville pendant toute la belle saison pour les groupes de 10 personnes et plus.

Pour réserver, composez le 613-562-5825 ou envoyez un courriel à michel.prevost@uottawa.ca.

Article publié dans l’édition du jeudi 19 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.


COUP DE FOUDRE POUR AKOUFÈN

19 janvier 2012

Le rideau est tombé sur la 31e édition de Contact Ontarois, mais déjà se préparent des tournées à travers la province pour bon nombre de groupes participants. C’est notamment le cas du groupe ottavien AkoufèN qui a obtenu le Prix Coup de foudre Salut ! de cette édition 2012.  

Pour sa première participation à la Vitrine grand public, le groupe de rock énervé AkoufèN a su se faire remarquer et partira en tournée dans le réseau scolaire pour la saison 2012-2013.

Emmenée par Matthieu Leroux, la formation ottavienne s’offre l’un de ses rêves : la possibilité de conquérir le public des étudiants du secondaire.

« Pour notre première participation, on ne s’était pas fixé d’objectif. Le groupe est assez jeune, donc nous n’avions aucune attente. On a été très surpris de recevoir ce prix, mais on l’accepte avec plaisir. C’est super excitant car ça va nous permettre de faire connaître notre musique. Le spectacle s’était super bien passé, avec une bonne réaction du public et des bonnes discussions avec les diffuseurs. On a vraiment aimé notre expérience. La salle et l’atmosphère étaient très motivantes ».

Également récipiendaire du Prix Festival international de la chanson de Granby avec Mastik et du Prix Radart des Franco-Fêtes de Moncton, AkoufèN aura donc aussi l’occasion de participer à ces deux festivals en septembre, puis en novembre.

Le Prix Coup de foudre Réseau Ontario a pour sa part été remis à Amélie et les Singes Bleus. Le groupe de Toronto a séduit et obtient donc une tournée dans l’ensemble du réseau de Réseau Ontario pour la saison 2012-2013.

« Même si ça m’a surpris que nous recevions ce prix, je suis la plus grande fan du groupe et de ses musiciens, alors ça confirme ce que je pensais, sourit Amélie Lefebvre. Pendant le spectacle, on a vu que les gens réagissaient bien. On a ensuite eu la chance de rencontrer des diffuseurs lors d’une soirée de “rencontres furtives”. Contact Ontarois va nous permettre d’aller voir le monde et c’est ce que nous voulions ».

La formation a également remporté le Prix Festival Franco-Ontarien et le Prix ROSEQ s’assurant ainsi une présence dans le cadre de l’édition 2012 du Festival Franco-Ontarien et de pouvoir présenter un extrait de spectacle à la Rencontre d’automne 2012 du ROSEQ.

Entre 650 et 700 spectacles par année

Le festival terminé, les organisateurs se sont réjouit de l’énergie qui a régné tout au long des cinq jours de l’événement qui avait pour thématique « Nouveaux Regards !».

Quelque 40 artistes francophones de tout le Canada sont venus présenter leur talent et tenter de convaincre les diffuseurs.

« Cette année, nous avions apporté quelques nouveautés, notamment de faire jouer des vitrines simultanément pour permettre aux diffuseurs de choisir ce qui les intéressait le plus, selon leur public. Nous avions également neuf spectacles de plus que d’habitude, donc davantage de groupes ont pu se faire voir. Notre objectif est toujours de faire découvrir de nouveaux talents et de nouveaux produits aux diffuseurs et au public », explique Josée Vaillancourt, directrice générale de Réseau Ontario.

Satisfaite du taux de participation, Mme Vaillancourt rappelle que chaque année, Contact Ontarois génère entre 650 et 700 spectacles.

« C’est difficile de dire si tous les groupes auront des dates après leur passage au festival », précise-t-elle toutefois.

Réseau Ontario va désormais mener un sondage auprès de ses membres afin d’améliorer la formule.

« Après 31 ans d’existence, nous pouvons nous permettre de prendre des risques et d’innover. Il y a toujours la place à l’amélioration ».

Article publié dans l’édition du jeudi 19 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.


LE PRIX DU BILINGUISME

12 janvier 2012

Les conclusions d’une étude de l’Institut Fraser, révélées par les médias en début de semaine, n’ont pas laissé insensible la communauté francophone de la région.

L’étude révèle que le bilinguisme coûte 2,4 milliards $ aux contribuables chaque année à l’échelle du Canada, dont 1,5 milliards $ sont financés par le gouvernement fédéral et le reste par les provinces. En Ontario, cela représente une somme de 621 millions $ pour assurer des services en français à la minorité linguistique, soit 52 $ par citoyen.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) s’est émue des sous-entendus de ce rapport.

« Cette étude vient semer le doute sur la valeur de notre bilinguisme au Canada et l’apport de notre communauté francophone à la société civile ontarienne. C’est inacceptable ! Nous sommes des citoyens à part entière et contribuons pleinement au développement de la province de l’Ontario. L’approche de cette étude faite sous un angle purement économique et  préconisant la privatisation des services, notamment en éducation postsecondaire, nous semble totalement décalée par rapport à la réalité dans notre province », a déclaré Denis Vaillancourt, le président de l’AFO.

La ministre déléguée aux Affaires francophones et députée d’Ottawa-Vanier, Madeleine Meilleur a questionné la pertinence de l’étude.

« Il y a des brèches dans ce rapport. Les chiffres évoqués, notamment, concernant le nombre de Francophones dans la province, sont inexacts. Il en manque 100 000 ! Le français est notre héritage et nous allons célébrer les 400 ans de la présence francophone en Ontario. Je me pose la question de l’objectif qui est visé ? L’Institut Fraser est un organisme proche de la droite, il suggère de privatiser certains services en français, mais ce n’est pas la route que nous voulons prendre. Nous voulons offrir les mêmes services pour les deux communautés ».

Les prémisses de coupures budgétaires ?

À la veille du dépôt du rapport Drummond et l’annonce d’éventuelles compressions budgétaires par le gouvernement McGuinty, l’AFO espère que l’étude ne servira pas de prétexte pour remettre en question le financement de l’Office des affaires francophones, du Commissariat aux services en français et de la Télévision francophone en Ontario, notamment, dont il faut, au contraire, selon l’organisme, « augmenter les budgets ».

« Aujourd’hui, l’Ontario français fait face à une démographie évolutive, notamment avec les apports de l’immigration francophone, et sur le terrain, et les services sont encore loin de répondre adéquatement aux besoins des francophones ».

Le porte-parole de l’opposition aux Affaires francophones à Queen’s Park, Peter Shurman, a répondu dans un courriel à la demande d’entrevue adressée par L’Express.

« Notre parti pense que les Ontariens méritent d’avoir le maximum pour chaque dollar dépensé par leur gouvernement. C’est pourquoi nous avons demandé une révision de tous les programmes dans lesquels le gouvernement McGuinty dépense l’argent des payeurs de taxe. Nous pensons que des économies peuvent et doivent être faites. Cela permettrait de garantir que l’argent de ces programmes soit dépensé efficacement et, dans le cas des services en français, que les gaspillages soient éliminés, tout en garantissant à la communauté francophone de l’Ontario que son statut particulier est à la fois considéré et reconnu ».

Mme Meilleur souhaite attendre le dépôt du budget pour répondre à la question de savoir si les services en français seront concernés par des coupures, mais elle répète l’importance d’investir.

« L’étude que devrait mener l’Institut Fraser, c’est plutôt de savoir ce qu’il en coûterait si nous n’avions pas les services en français. Si les Francophones étaient mal soignés, ne pouvaient s’épanouir à l’école et devaient vivre dans la pauvreté et avec l’aide sociale ? L’investissement dans les services en français garantit des emplois de qualité et de l’activité économique. Nous formons une main d’œuvre bilingue, qui peut répondre aux besoins en matière de tourisme, dont notre plus grand marché est le Québec. Les investissements que nous avons menés portent leurs fruits ». 

Article publié dans l’édition du jeudi 19 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.


« LISEZ L’EXPRESS ! » – DENIS VAILLANCOURT

12 janvier 2012

Les États généraux de la francophonie, la désignation de l’Université d’Ottawa, l’officialisation du bilinguisme d’Ottawa, le « réflexe franco »… Après une année 2011 occupée, la francophonie aura d’autres occasions de faire les manchettes en 2012. L’AFO et l’ACFO se tiennent prêtes.

« Si j’ai un vœu à formuler pour l’année 2012, ce serait que le “réflexe franco” continue à se développer. Que les gens prennent l’habitude de demander à se faire servir en français. Chaque geste compte et la communauté francophone doit revendiquer. Les citoyens doivent être actifs ! Lisez <@Ri>L’Express<@$p> et les autres journaux francophones de votre communauté, soutenez la vie culturelle francophone en allant voir des spectacles, encouragez les nouveaux commerces francophones qui ouvrent un peu partout ! », lance Denis Vaillancourt, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Le président de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO Ottawa), Bertin Beaulieu se réjouit d’une année 2011 des plus réjouissantes, qui aura ouvert la voie à plusieurs dossiers pour 2012.

« Ça a été une très belle année avec le début des États généraux de la francophonie d’Ottawa. On a senti un réveil des Francophones, de plus en plus intéressés à faire valoir leurs droits. L’année 2012 va poursuivre dans cette direction ».

Outre les États généraux de la francophonie d’Ottawa qui tiendront le haut du pavé en 2012, M. Beaulieu espère que le dossier de la désignation de l’Université d’Ottawa connaîtra une issue positive, encourageant peut-être ainsi, à plus long terme, la Ville d’Ottawa à devenir officiellement bilingue.

« Ce serait une très belle étape, un pas en avant considérable qui apporterait un brin d’espoir pour les Francophones ».

L’AFO veut de la stabilité

En attendant, le président de l’ACFO espère que la participation sera au rendez-vous lors des activités organisées dans le cadre des États généraux de la francophonie.

« Je souhaite un grand rassemblement lors de chaque colloque, chaque réunion… Nous voulons avoir le son de cloche de tous les Francophones, savoir ce qu’ils souhaitent pour Ottawa ».

M. Beaulieu espère également que l’année 2012 marquera le début d’une importante collaboration avec les citoyens et les élus de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

« Nous devons nous rassembler entre Francophones pour être plus forts. Beaucoup de Québécois de Gatineau travaillent à Ottawa, nous avons besoin de leur support pour revendiquer des services bilingues. Je souhaite que les gens de Hull et de Gatineau se joignent à nos activités et que nous participions, nous aussi, aux leurs ».
Après quelques remous à la tête de sa direction générale, M. Vaillancourt aspire, pour sa part, à ce que l’arrivée d’un nouveau directeur-général permette à l’AFO de consolider sa base et de s’épanouir.

« Nous avons besoin de stabilité, notamment pour poursuivre la mise en œuvre de notre plan stratégique communautaire 2011-2016 de l’Ontario français. Je suis persuadé que Peter Hominuk (le nouveau directeur-général, entré en fonction le 9 janvier 2012 – ndlr) est l’homme de la situation. L’AFO doit continuer à revendiquer, valoriser et faire connaître la francophonie, tout en incitant les Francophones à devenir ses ambassadeurs ».

Article publié dans l’édition du jeudi 12 janvier 2012 du journal hebdomadaire L’Express Ottawa.


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